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mardi, 25 août 2009

La libération très contestée d’Al Megrahi

Affaire Al Megrahi.jpgLes images de l’arrivée triomphale d’Abdel Basset Ali Al-Megrahi ont outré l’opinion publique britannique. Qu’il soit libéré officiellement en raison de son état de santé après 10 ans d’une peine de prison à vie pour sa responsabilité de l’attentat de Lockerbie avait déjà fait grincer plus d’une dent. Mais qu’il soit accueilli en héros par le colonel Kadhafi devant une foule en délire et les caméras de télévision a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.


Abdel Basset Ali Al-Megrahi, 57 ans, souffre d’un cancer de la prostate en phase terminale. I lest à ce jour le seul condamné dans l’attentat contre un avion de la compagnie américaine Panam qui avait explosé en plein vol au-dessus de la petite ville de Lockerbie, le 21 décembre 1988. Les 259 personnes à bord du Boeing 747 ainsi que 11 personnes au sol avaient été tués.
En 1991 Abdel Basset Ali Al-Megrahi et Al Amin Khalifa Fhima, soupçonnés d’être des agents secrets libyens, sont inculpés, accusés d’avoir introduit et fait exploser une bombe dans l’avion. 10 ans plus tard, le 11 janvier 2001, seul Al Megrahi est condamné à la prison à vie par la justice écossaise alors que son coaccusé est acquitté faute de preuves.
Depuis, les relations entre la Libye et le Royaume Uni étaient au point mort. Jusqu’à il y a environ 5 ans ou des premiers contacts timides ont été repris, suivis par des contrats commerciaux notamment avec British Petroleum.
De là à imaginer que la libération de Megrahi elle était négociée pour faciliter ces accords commerciaux, il n’y a qu’un pas que beaucoup se sont empressés de franchir, et notamment aux Etats-Unis, l’association des victimes américaines de l’attentat jouit d’une large audience à la chambre des représentants.
"C’est rarissime", le directeur du FBI Robert Mueller s’est fendu d’une lettre aux autorités écossaises pour qualifier la décision de libérer Al Megrahi de "moquerie du système judiciaire". Officiellement, le seul responsable de cette décision est l’Ecosse. Depuis 1999 et la dévolution de la semi-autonomie accordée aux provinces du Royaume Uni, l’Ecosse possède les pleins pouvoirs pour prendre une décision de justice. Or son système judiciaire autorise la libération d’un prisonnier dont l’espérance de vie ne dépasse pas les 3 mois. Et c’est sur cet argument que le premier ministre écossais Alex Salmond s’est appuyé pour justifier la décision.
Curieusement alors que les américains et même le président Barack Obama ont ouvertement critiqué la remise en liberté de Megrahi, le gouvernement britannique fait le gros dos et le premier ministre Gordon Brown joue les arlésiennes. Il est le seul dirigeant des pays concernés par cette libération à ne s’être pas exprimé alors même que le colonel Kadhafi a publiquement remercié « son ami Brown pour avoir influencer la décision écossaise ». le ministre au commerce Peter Mandelson a tout juste jugé presque insultant les propos du fils Kadhafi, affirmant devant les caméras de télévision que la libération de Megrahi avait été mise sur la table lors de toutes les récentes discussions commerciales entre Londres et Tripoli.
Une visite en Libye du prince Andrew, prévue début septembre justement pour évoquer les relations commerciales entre les deux pays, pourrait bien être reportée.

05:51 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libération al megrahi, londres tripoli, lockerbie, fbi, etats-unis, obama affaire megrahi, gordon brown, royaume uni, kadhafi

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