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dimanche, 21 septembre 2008

La semaine noire aux Etats-Unis

Crise-Financière-Etats-Unis.jpgLes Etats-Unis ont connu, comme le reste du monde, un véritable séisme financier cette semaine et qui s’est terminé par l’annonce d’un plan d’urgence d l’administration Bush. Le spectre du crack de 1929 a plané tout au long de la semaine au-dessus de Wall Street. Le monde financier a frôlé le précipice avant d’être, peut-être, sauvé par le gouvernement avec un plan ambitieux de plusieurs centaines de milliards de dollars.


« Bienvenue dans l’union des républiques socialistes d’Amérique », ironise un économiste, mais comme l’a dit dans son allocution hebdomadaire, George Bush « l’alternative n’était guère séduisante, si l’état n’intervenait pas, ce serait pire encore ». L’oncle Sam continue donc de sortir son carnet de chèques, il avait déjà donné 30 milliards de dollars à la banque JP Morgan pour racheter Bear Stearns, puis 200 milliards pour sauver Fannie Mae et Freddie Mac, le sort de Lehman Brothers toutefois ne l’émeut pas et il laisse la 4ème banque déposer son bilan lundi matin. Merrill Lynch craignant le même sort, préfère se laisser rachetée par Bank Of America. La Réserve Fédérale a-t-elle fini de faire de l’humanitaire ? L’AIG, le plus gros assureur mondial, lance à son tour un signal de détresse, Ben Bernanke le patron de la Fed et Henry Paulson le secrétaire au trésor restent sur le pont sans bouger, ils espèrent que les banques privées se porteront au secours de l’AIG, mais Goldman Sachs et Morgan Stanley refusent d’avancer les fonds s’il n’y a pas une garantie du gouvernement. Au fur et à mesure que le naufrage d’AIG approche avec les conséquences incalculables qu’il aurait sur les marchés mondiaux, les grands argentiers lancent, finalement in extremis, une bouée de sauvetage à l’assureur. Ils lui prêtent 85 milliards de dollars mais prennent près de 80 % des actions pour le gouvernement. A la simple rumeur que l’état pourrait aider l’AIG, la bourse de New York qui avait chuter de 100 points, lundi après la faillite de Lehman Brothers, avait regagné 140 points mardi ; mais en dépit de la nationalisation d’AIG, la confiance n’est pas restaurée, la circulation de la monnaie a stoppé, les banques ne veulent plus prêter, un tarissement du crédit cruel pour l’américain moyen. Le Dow Jones dégringole de nouveau de 469 points mercredi. Bernanke et Paulson, les 2 héros de la semaine, sont d’accord pour sortir du gouffre il faut une action d’envergure et rapide, aux grands mots les grands moyens, ils vont essayer de faire adopter par le congrès un plan de 700 milliards de dollars, un peu plus du budget annuel du pentagone, pour stabiliser la situation. A l’annonce de cette nouvelle, Wall Street finit finalement la semaine à la hausse. Les fonds seront utilisés pour acheter aux banques leurs créances hypothécaires douteuses, ces banques, soulagées de ce fardeau, devraient alors recommencer à fonctionner sur des bases saines et se remettre à prêter à leurs clients. Mais les parlementaires accepteront-ils d’approuver le plan de l’administration ? Ils vont interrompre leurs travaux à la fin de la semaine jusqu’après l’élection, afin de pouvoir faire leurs campagnes, ils ne disposent donc que de 5 jours pour se décider. ils ont été vexés de n’avoir pas été consultés au sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac et AIG. En période électorale, les démocrates accepteront-ils alors d’être accommodants avec une administration républicaine ? L’intérêt national l’emportera t-il sur les divergences politiques ? Gouvernement et congrès plongent en tout cas pendant tout le week-end pour parvenir à un accord. Barack Obama a pour sa part appuyé l’initiative du trésor, mais il demande aussi au congrès d’approuver un plan de relance de 100 milliards de dollars qui permettraient notamment d‘envoyer un chèque de 1000 dollars à chaque famille pour les aider à payer leurs frais d’énergie. John McCain pour sa part, outre qu’il s’engage s’il est élu à chasser tous les responsables des régulations du système financier qui ont été inattentifs, propose la création d’une agence fédérale qui serait chargée d’aider les banques avant qu’elles soient en difficulté plutôt qu’après. Pour chacun des candidats quelque peu éclipsés cette semaine par la crise, les efforts pour stabiliser le système auront un effet sur leur avenir politique, celui des deux qui sera élu héritera d’un autre problème important venant s’ajouter à ceux du déficit et des guerres en Irak et en Afghanistan. En but à toutes ces difficultés, le prochain président aura donc du mal à mettre sa marque sur l’initiative spectaculaire de politique intérieure.

21:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etats-unis, crise financière, banque, amérique

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