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lundi, 15 septembre 2008

Le sacro-saint libéralisme américain de plus en plus mis à mal !

Libéralisme-USA.jpgOn est bel et bien aux Etats-Unis d’Amérique où la tradition libérale est malmenée par une série de renflouements et de nationalisation par l’état dans le milieu de la finance et de l’immobilier pour envoyer la crise actuelle.

De bien étranges choses sont entrain de se passer en Amérique, pays pourtant bien connu pour ses convictions libérales, prendrait-elle le chemin d’un état à l’économie dirigée ? oserions nous dire qu’elle devient une république socialiste ?

 


C’est ce que n’avait pas hésité à proclamer un parlementaire républicain lorsque l’oncle Sam avait lancé, en Mars, une bouée de sauvetage à la banque d’affaire Bear Stearns. La réserve fédérale avait accepté de financer son rachat par la JP Morgan Chase en lui fournissant 30 milliards de dollars de liquidité. Le patron de la FED, Ben Bernanke, avait alors sévèrement critiqué tant par les démocrates que par les républicains, il avait expliqué, pour justifier sa décision, que c’était dans l’intérêt de l’économie américaine, ses détracteur avaient répliqué que c’était "ouvrir une boite de ponte d’or", une telle mesure ne ferait qu’encourager les investisseurs imprudents persuadés que si les choses allaient mal, l’état fédéral viendrait à leur aide.

Mais le trésor américain a bon cœur, puisque dimanche dernier il a de nouveau ouvert son coffre fort pour sauver cette fois les deux géants des prêts hypothécaires immobiliers, Fannie Mae et Freddie Mac. La même raison est invoquée par le secrétaire au trésor, Henry Paulson " ces deux agences sont le pivot du retournement du marché immobilier" déclare t-il v l’économie et les marchés ne redécolleront pas tant que les incertitudes associées à la crise immobilière ne sont pas dissipées. Fannie et Freddie se portaient mal, 11 milliards de dollars de défauts de paiements sur les crédits immobiliers, les laisser couler, c’est dériver les américains des prêts dont ils ont besoin pour acheter des logements, c’était donc prolonger la crise.

Avant d’être cotées en bourse dans les années 60 et de devenir des organismes privés, Fannie Mae et Freddie Mac étaient des institutions fédérales, elles avaient été crées par Franklin Delano Roosevelt en 1938 pour aider les américains, très éprouvés par la grande crise, à devenir propriétaires. Devant leurs succès financiers, Fannie et Freddie avaient décidé de voler de leurs propres ailes et pouvaient se vanter d’avoir amasser en ½ siècle des obligations dont le montant total s’élève à 5400 milliards de dollars.

Pour les aider à remonter la pente, le gouvernement américain y a, cette fois, mis les formes de façon à ne pas irriter le contribuable peu enclin à payer pour les erreurs de sociétés, essentiellement motivées par le profit et la satisfaction de leurs actionnaires.

Le trésor américain se dit donc prêt à injecter dans les 2 agences malades jusqu’à 200 milliards de dollars qui seront distribués en fonction des besoins, en cas de liquidation, le trésor sera prioritaire et les actionnaires et détenteurs de titres subordonnés devront supporter les pertes potentielles, le contribuable devrait ainsi être épargné.

Mais à peine Wall street se remettait-il du choc provoqué par la débâcle de Fannie Mae et Freddie Mac, une grande banque américaine lançait un SOS, Lehman Brothers, fondée en 1850 par 3 frères allemands, annonçait mercredi une perte de près de 4 milliards de dollars pour le 3ème trimestre. Pour le moment le gouvernement se contente de participer aux négociations de sauvetage, Le PDG Dick Fuld ne souhaite pas une intervention de l’état fédéral. Opposé à une vente de la totalité de l’entreprise, il préfèrerait une cession partielle. Parmi les noms des possibles racheteurs, celui de Bank Of America était fréquemment mentionné.

Il n’y a pas que les banques qui se tournent vers l’oncle Sam pour les tirer d’un mauvais pas. Vendredi, le directeur général de GM (General Motors) déposait devant le congrès pour demander une 1ère aide de 25 milliards de dollars afin d’apporter une bouffée d’oxygène au «Big Three» de Detroit ; GM peine à conserver sa 1ère place de constructeur mondial, talonné par le japonais Toyota, Ford est 3ème et Chrysler est 5ème. Cette dernière compagnie avait déjà été secourue par Washington dans les années 70, et avait été remise à flot par l’excellent Manager Lee Iacocca, celui-ci avait accepté pour salaire annuel 1 $ symbolique. Les anciens patrons de Fannie Mae et Freddie Mac, qui ont conduit leur agence au bord du précipice, ne font pas preuve de la même abnégation, ils pourraient recevoir respectivement 14 et 8 millions de dollars à titre de compensation pour leur mise à la retraite anticipée. Un joli parachute en or qui devrait leur assurer un atterrissage plus agréable que celui d’un actionnaire.

Pourtant à ceux qui s’offusquent à droite comme à gauche de cet interventionnisme étatique, un journaliste financier du Washington Post écrit philosophiquement « Au lieu de se demander combien vont coûter ces divers sauvetage, il est préférable de se demander quel serait le coût de l’inaction ».

04:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etats-unis, subprimes, libéralisme, économie, crise

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