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lundi, 04 août 2008

Passe d’armes entre Obama et McCain

1379533938.jpgBarack Obama est prêt à tenir 3 débats avec son rival républicain John McCain, ils devraient avoir lieu après les conventions des 2 partis, donc pas avant la mi-septembre. On peut s’attendre à du spectacle, vue les récentes passes d’armes entre les 2 candidats.

Fixant de loin le temps ou Barack Obama et John McCain s’étaient engagés à mener une campagne marquée par la civilité et le respect du rival, aujourd’hui, les 2 candidats se livrent à un combat dont les coups vont souvent en dessous de la ceinture.



McCain compare Obama à Britney Spears et Paris Hilton, Obama lance une accusation au second degré de racisme contre McCain.

La semaine dernière, le sénateur républicain n’avait guère apprécié d’être éclipsé, pendant 10 jours par, la tournée mondiale d’un Obama qui avait accaparé l’entière attention des médias et laissé McCain dans l’ombre. Cette tournée qui avait beaucoup plus soulevé l’enthousiasme des foules européennes qu’arabes, n’aura finalement eu aux Etats-Unis qu’un impact minime sur la popularité du démocrate. On aurait pu s’attendre à voir sa côte faire un bond en avant dans les sondages, après son voyage super médiatisés et les réactions admiratives qu’il avait suscitées à l’étranger. Mais l’applaudimètre américain ne s’est pas mis au diapason de celui de Berlin ou Londres ou Paris.

Dans une de ses pubs politiques, John McCain superpose l’image de son rival, acclamé dans la capitale allemande avec celle de deux stars people, Britney Spears et Paris Hilton, message : « Obama est la plus grande célébrité du monde, mais est-il prêt à diriger les Etats-Unis ? ». La comparaison est un peu enfantine, les conseillers d’Obama ont eu beau jeu de dire qu’ils attendaient mieux de John McCain. Plus insidieux était la reproche au sénateur afro-américain d’avoir annuler une visite aux soldats américains hospitalisés dans une base militaire allemandes, cette annulation selon l’équipe McCain, aurait été due au fait que le pentagone s’opposait à ce que le candidat soit accompagné de journalistes, rien ne prouve que ça était le cas, mais l’objectif était là de faire croire qu’Obama préférait ignorer les blessés si son geste de compassion pour eux n’était pas filmé par les caméras des grandes chaînes de télévision, dont il avait pris soin avant son départ, d’inviter à bord de son avion tous les présentateurs vedettes. La stratégie de McCain est donc de dénigrer au maximum un rival beaucoup plus charismatique, en essayant de montrer que derrière les paillettes, le personnage est superficiel, arrogant, élitiste, ce sont les quelques autres épithètes lancées encore par McCain. La tactique rappelle celle utilisée avec succès par George Bush en 2004 contre John Kerry, décrit comme une "girouette", et aussi comme un aristo buvant du Perrier, parlant français et faisant de la planche à voile, pas le plus prolétaire des sports, pour prouver qu’il n’était pas en prise avec le petit peuple.

Le camp Obama a riposté en soulignant que McCain portait des chaussures italiennes à plus de 500 $ la paire ; ça rappelait la coupe de cheveux à 400 $  de John Edwards, un démocrate qui s’était fait défenseur des pauvres.

La campagne a pris un ton beaucoup plus déplaisant, surtout lorsque McCain a accusé un peu à la légère son adversaire d’introduire la carte raciale dans le débat. Obama dans le Missouri avait déclaré en substance "Vous verrez, les républicains vont essayer de vous faire peur, en vous disant que m’élire c’est prendre un risque, je ne suis patriote, j’ai un drôle de nom, je ne ressemble pas au présidents qui se trouvent sur les billets d’1 ou 5 $", (présidents qui étaient tous blancs et plus âgés). L’attaque n’était pas justifiée dans la mesure où McCain n’a jamais fait la moindre allusion à la race d’Obama et a condamné ceux qui étaient  partisans et qui l’avaient fait, tout comme il s’était indigné de la couverture insultante du New Yorker, montrant Obama en turban dans le bureau ovale avec sa femme Michelle, un AK-47 à la hanche.

Les flèches qu’échangent les deux hommes, illustrent l’atmosphère délétère de la campagne ! Comme il reste encore un peu plus de 90 jours avant l’élection, il est à craindre que les attaques deviennent encore plus méchantes, au grand chagrin des américains qui tous les 4 ans, se désolent de voir les candidats trop souvent consacrer plus de temps à se détruire entre eux, qu’à expliquer aux électeurs leurs programmes et leurs différences avec leur rivale dans un climat de civilité et de respect. Ce climat même qu’avait promis au début de la campagne, Barack Obama et John McCain ; les deux ont pourtant beaucoup à perdre à ce jeu là, McCain en misant sur l’offensive tous azimuts, donne l’impression d’être désespéré et plus grave en disant aux rats du caniveau, risque de ternir sa réputation. Obama qui s’est fait la peau du changement, s’il s’abaisse lui aussi à mener une campagne calomnieuse, ne fera que donner plus de crédit à l’adage selon lequel plus ça change, plus c’est la même chose.  

 

 

 

20:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etats unis, obama, mccain, politique

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