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lundi, 23 juin 2008

Obama et McCain côte à côte aux funérailles de Tim Russert

Ce n’est pas très souvent ces jours-ci que l’on voit Barack Obama et John McCain assis côte à côte et même se faire des accolades.

16659742.jpgEn cette période électorale, ou chacun espère s’installer l’an prochain à la maison blanche, les 2 candidats sont plutôt portés à se critiquer constamment l’un l’autre qu’à fraterniser, et pourtant mercredi, ils ont donné l’impression d’être les meilleurs amis du monde, ils ont ainsi répondu au vœu de la famille du défunt qu’ils sont venu honorer avec tout le gotha politique et journalistique américain, c’est à l’église de "Georgetown" qu’a été célébré le service funèbre à la mémoire de Tim Russert, le modérateur de la plus suivie des émissions politiques du dimanche matin " Meet The Press " de la chaîne NBC.


Tim Russert était considéré comme l’un des grands du journalisme politique américain, et sa mort subite, le 20 juin, dans les studios de la NBC  à Washington, a provoqué une émotion sans précédent pour un journaliste, et ce à travers toute l’Amérique. C’était un vendredi après-midi, il préparait avec son soin habituel son émission dominicale lorsque soudain, il s’est effondré ! il est mort avant même d’arriver à l’hôpital, cause du décès, crise cardiaque, il avait 58 ans.

A Paris ou il se trouvait alors, le président Bush envoie immédiatement un message de condoléances à sa famille, et le lendemain il ouvre sa conférence de presse en déclarant que les Etats-Unis venaient de perdre un américain exemplaire. Les hommages ne cesseront de pleuvoir depuis le siège du pouvoir jusqu’au plus humble bourgade du Middle West. Nulle part sans doute jusqu’à Buffalo (ville du nord de l’état de New York), sa mort a été aussi cruellement ressentie, Buffalo c’était la ville ou il était né en 1950, sa famille était des plus modestes, son père Russ était un simple employé, pour pouvoir donner à ses enfant une bonne éducation, il avait 2 emplois. Tim le vénéré lui, avait écrit un ivre en son honneur qui était devenu un Best-seller. Une des raisons pour lesquelles l’américain moyen a eu l’impression de perdre l’un des siens, c’est que Tim Russert, en dépit de sa célébrité et de sa fortune (il gagnait 5 millions $ par an), n’a jamais oublié d’où il venait, il retournait fréquemment à Buffalo, n’hésitant pas à se mêler à la foule et à trinquer avec ses anciens amis ; à Buffalo, les drapeaux sont en berne pour pleurer l’enfant du pays trop tôt disparu.

Mais pourquoi cette tristesse plus émouvante sans doute de la part de l’homme de la rue que du politicien connu ou de la star médiatique ? Pourquoi cette émotion sans doute plus sincère du peuple que des People dont on ne sait jamais si la larme est sincère ou affectée ?

Comme beaucoup de journalistes, Tim Russert avait été attiré par le journalisme en s’occupant du journal de son école, après l’assassinat de John Kennedy, son héros, il envoie son article au président Johnson et la famille Kennedy, tous lui répondront, ses diplômes en poche, il va tâter pour commencer à la politique, il est assistant du sénateur Patrick Moynihan et conseiller du gouverneur de New York Mario Como, puis en 1984 il est engagé par la NBC, son 1er coup, obtenir un entretien avec le pape Jean-Paul II, en 1991 il devient le présentateur de l’émission phare de la chaîne "Meet The Press", celle-ci toutefois bat de l’aile, il va lui redonner vie et en faire le Top Show N° 1 religieusement suivie par tous les accros de la politique. Le secret de sa réussite, il le doit au créateur de l’émission Lawrence Spivak, il lui avait dit « Potasse les positions de tes invités et prends le contre pieds de ce qu’ils professent », toutes les personnalités politiques ont défilé devant ce grand inquisiteur qu’elles craignaient et respectaient à la fois, car Tim Russert sait poser des questions difficiles, le faisait toujours avec honnêteté, courtoisie et sans parti pris, et c’est pourquoi son fils Luke et son épouse Maureen, rédactrice au magazine "Vanity Fair", ont demandé à Obama et à McCain de s’asseoir côte à côte lors du service funèbre, et de désavouer les combats qui distraient les américains des questions importantes auxquelles doit faire face leur pays. Ce Requiem pour un journaliste, journaliste cité par "Time" comme l’une des 100 personnalités les plus influentes d’Amérique, était aussi un hymne à l’unité nationale.

Un beau testament de Tim Russert qui met à dire avec à la fois étonnement et admiration à propos des Etats-Unis « Quel pays !! ».  

22:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : obama, mccain, politique, tim russert, etats-unis

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