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dimanche, 23 mars 2008

Etats-Unis, 5ème anniversaire de l’invasion américaine en Iraq

5aaffbbc64211b4e6ea8a8758c49584e.jpgC’était mercredi le 5ème anniversaire de l’invasion américaine en Iraq, au milieu de la campagne électorale, la crise économique et les frasques sexuelles de l’ancien gouverneur de New York et de son successeur, les américains auraient presque oublié un conflit qui a fait près de 4000 morts et leur a coûté des centaines de milliards de dollars, en fait selon un sondage, il y’a plus de chance ces jours ci pour que les américains connaissent le nom du président de la réserve fédérale Ben Bernank ou celui du Venezuela Hugo Chavez que le nombre de leurs soldats tués au cours des cinq dernières années.


Fil de ce désintérêt, les malheureux pacifistes qui espéraient organisé une vaste manifestation à l’occasion du 5ème anniversaire, n’ont réussi à attirer à Washington qu’un millier de participants contre au moins 100000 ou plus il y a quelques années, l’un d’eux dépité, trouve l’apathie de ses compatriotes effrayante, les manifestants ont concentré leur colère sur l’immeuble du fisc américain qui à leurs yeux, finance avec l’argent du contribuable une guerre impopulaire à laquelle s’opposent les deux tiers du pays.

Les politiques ont tout naturellement saisi cette date d’anniversaire pour marquer leurs positions, le président Bush était forcé de convaincre l’opinion que les Etats-Unis était au bord de la victoire, un bel optimisme dont il s’était gardé au cours des deux dernières années les plus meurtrières du conflit, devant le personnel du pentagone, il a souligné que grâce à l’envoi de 30000 renforts l’an passé, la situation s’était améliorée, il n’a donc aucune intention d’effectuer un retrait des forces qui pourrait mettre en péril cette amélioration, sur les 160000 soldats se trouvant actuellement en Iraq, 20000 seulement doivent quitter le territoire d’ici à juillet, tout départ supplémentaire dépendra du rapport que présenteront le mois prochain au congrès, le général Petraeus et l’ambassadeur Ryan Crocker ; basé sur certaines déclarations qu’a déjà faites le général, on a une petite idée de ce qu’il va dire aux parlementaires, dans une récente interview, il n’a pas caché sa déception devant le peu d’empressement des dirigeants iraquiens Chiites comme Sunnites à profiter de la diminution de la violence pour parvenir à une entente intercommunautaire propre à ramener la stabilité politique, comme pour illustrer le pessimisme du général Petraeus à la veille de l’anniversaire de l’invasion, les deux factions ont refusé de participer à une conférence sur la réconciliation nationale organisée par le 1er ministre Nouri Al-Maliki, un peu plus encourageant, la décision mercredi du conseil présidentiel d’approuver la tenue d’élections provinciales d’ici au 1er octobre, cela devrait apaiser les Sunnites qui s’estiment sous-représentés dans les instances de leur région, la visite à Bagdad du vice-président Dick Cheney n’est peut être pas étrangère à la décision du conseil, il avait insisté auprès du gouvernement pour qu’il soit plus actif dans le processus de réconciliation, plus encore que George Bush, le vice-président a souligné les succès selon lui incontestables remportés en Iraq et à une journaliste de la chaîne ABC qui lui rappelait que les 2/3 des américains étaient opposés à la guerre, il a répondu « et alors !! » expliquant que « si Abraham Lincoln avait suivi l’opinion, le sud aurait fait sécession, mais Lincoln a-t-il ajouté, avait un objectif clair, une vision et il était pris pour les atteindre a résisté aux pierres et aux flèches de ses adversaires ».

Les démocrates toutefois ne sont pas encore prêts à sculpter le visage de George Bush dans les Rochers du mont Rushmore, le chef de la majorité au sénat Harry Reid, qualifie la détermination du président à maintenir le cap d’entêtement et son parti est décidé à lui rendre la vie difficile jusqu’à son départ en pinaillant sur chaque dollar supplémentaire qu’il demandera pour financer le conflit.

Barack Obama et Hillary Clinton pour leur part continuent de promettre le rapatriement d’une brigade par mois dès leur entrée à la maison blanche, ce qui comme le note l’éditorial du Washington Post, relève de la plus haute fantaisie, militaires et diplomates sur place sont formels, l’envoi de renforts a bloqué une guerre civile, un retrait des américains maintenant conduirait probablement à un bain de sang et poserait une grave menace à la sécurité des Etats-Unis, les deux candidats le savent très bien et leur promesse d’un retrait accéléré ne vise qu’à charmer l’oreille de l’électeur, même si lors de sa tournée au Moyen-Orient, le républicain John McCain a confondu Chiites et Sunnites, accusant l’Iran de soutenir les seconds alors que Téhéran appuie les premiers, il a fait au moins preuve d’un très grand réalisme en n’hésitant pas à déclarer que les américains sont en Iraq pour encore très longtemps, 100 ans peut être, les pacifistes ont encore quelques belles années devant eux.

18:08 Publié dans Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Etats-Unis, Barack Obama, Hillary Clinton, Iraq, George Bush, Dick Cheney, Iran

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